FRANCE
Le Haut-Anjou
DATE DE PUBLICATION : 2027-01-01

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Olivier GALLARD (Textes & Photos) - Guide-instructeur moto diplômé, organisateur de randonnées en France et de raids partout dans le Monde, il est l'administrateur de MOTOZINETous droits réservés © MOTOZINE.FR |
Au moment de définir sur le logiciel BaseCamp pour GPS Garmin les paramètres utiles à la création de mon tracé, j'avais choisi d'éviter les autoroutes à péage, sans péage ainsi que les axes majeurs. S'agissant de la traversée d'Angers en ce début de journée et en plein milieu de semaine, ce n'était assurément pas une bonne idée. Ou alors il aurait été judicieux de cocher les cases : éviter les feux tricolores, les chicanes et les ralentisseurs, les marchés, les zones de travaux, les abords des écoles... Malheureusement, ces paramètres ne sont pas pris en compte par BaseCamp. Habitant Angers depuis ma naissance, je ne soupçonnais même pas l'existence des innombrables petites rues que j'ai dû emprunter pour parvenir à Andard, commune des faubourgs de la ville. Un grand rond-point – un de plus – marque l'intersection avec la D347 sur laquelle je dois m'engager. Cette même D347 qui m'aurait permis de m'extirper d'Angers bien plus facilement et rapidement !
Encore quelques kilomètres de grande route sans intérêt et me voici à Corné. C'est là que je vais bifurquer à gauche pour m'enfoncer dans les coteaux du Haut-Anjou et du Pays Baugeois. La toute petite route sur laquelle je roule à vitesse modérée est très étroite, de hautes graminées tapissent les bas-côtés, limitant ainsi considérablement la visibilité en courbes.

Le Pays Baugeois, petit territoire situé au Nord-Est du Maine-et-Loire possède à lui seul cinq églises au clocher tors (vrillé), ces derniers étant un peu plus d’une trentaine en France. L’église Saint Symphorien du Vieil-Baugé qui se détache bientôt du paysage de bocage que je découvre en est un parfait témoin. Édifiée au Xie siècle, maintes fois remaniée, l'église est surmontée d'un clocher à charpente hélicoïdale datant de 1856. Légèrement penché en son sommet, il est unique en son genre. C’est le clocher le plus élancé du Baugeois. La raison de la torsion de ces clochers reste une énigme. Prouesse architecturale ou évolution liée au temps et au travail du bois ? Le mystère reste entier et fait encore aujourd'hui l’objet de plusieurs théories ou légendes.
J'arrive à Baugé-en-Anjou. Ayant choisi de préférer le vert de la nature au gris des toits d'ardoise et à la couleur crème des pierres de tuffeau, je ne prendrai délibérément pas le temps de découvrir les nombreux logis et belles demeures des XVIe et XVIIe siècles, le tribunal du second empire, l'Hôtel-Dieu du XVIIe siècle, le kiosque à musique du XIXe, la Vraie Croix d'Anjou et le Château du roi René au style pré Renaissance de la petite ville de caractère. Je reviendrai…

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Le massif forestier de Chandelais qui s’étend au Sud-Ouest de Baugé-en-Anjou constitue la plus grande forêt domaniale du département du Maine-et-Loire. C'est cet espace que je suis venu explorer. De longues allées rectilignes bordées de feuillus majestueux y convergent jusqu'au carrefour du Roi René, pile au centre du massif. Chênes et hêtres ont trouvé là des conditions parfaites pour une croissance remarquable.

Classée espace naturel sensible, la forêt de Chandelais est riche de mares, de landes boisées, de clairières tapissées de tournesols en fleurs et de cavités souterraines telles les caves de Chanzelles constituant autant d'habitats différents pour de petits animaux comme des insectes butineurs, les amphibiens, des chauves-souris forestières, de rares musaraignes. La forêt accueille également de plus gros animaux. Blaireaux, renards, chevreuils et martres ont fait de Chandelais leur demeure. Entre septembre et octobre le brame du cerf retentit dans le massif tandis que les promeneurs se perdent, à la recherche de champignons.

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Après une longue pause, paisible, je reprends la route. Je me dirige maintenant presque tout droit, azimut plein sud jusqu'à atteindre vers midi les rives de la Loire. Je quitte le Pays Baugeois et je laisse également derrière moi la plaine sablonneuse et maraîchère de la rive droite du fleuve.

Je décide de m'arrêter pique-niquer à Port Saint-Maur, près de La Ménitré. Sur l'autre rive de la Loire, j'aperçois le petit village du Thoureil, rive gauche. Je m'y arrête régulièrement avec mes clients motards pour y prendre un café, au Coin du Fleuve.
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Après avoir franchi la Loire aux Rosiers-sur-Loire, j'ai choisi de me diriger à bonne vitesse plein Ouest. En chemin, je m'arrêterai photographier ici une belle habitation troglodyte, là un moulin-pivot. Le paysage est ouvert, vallonné, lumineux, planté essentiellement de vignes et très différent de celui découvert en matinée qui était constitué lui presque exclusivement de forêts denses et sombres.

Je stopperai ma machine en bordure de Maine pour clôturer mon itinéraire, le temps de prendre une dernière photographie. En fond de tableau, de l'autre côté de la rivière qui se jette à quelques kilomètres de là dans la Loire se détache le village touristique de Bouchemaine, le bien nommé.








